Peuples d'origine incertaine
Il semble naturel de vouloir savoir d'où nous venons, à quel peuple appartenons-nous, d'où vient aussi le nom de famille que nous portons, etc... Mais, au-delà de toutes ces questions sur nos origines, la recherche elle-même n'est-elle pas la recherche primordiale de l'origine de l'homme?
Les peuples, appelés "primitifs" par notre civilisation, ont tous laissé des messages nous indiquant leurs origines à travers leurs légendes et leurs mythes. Pourquoi nous obstinons-nous à chercher encore? D'où nous vient ce désir insatiable de chercher à savoir? Les réponses que nous attendons ne viendront pas d'une source extérieure à nous-mêmes, car tout est inscrit en nous, nos ascendants, nos origines bien lointaines, tout est là... mais tellement bien caché que seuls ceux sachant rentrer en eux-mêmes peuvent trouver la réponse.
Bouddha n'a-t-il pas vu toutes ces innombrables incarnations? Jesus ne savait-il pas d'où il venait? Les peuples Amérindiens et certaines tribus d'Afrique n'ont aucun doute sur leurs origines!
Les réponses ne pourront jamais nous satisfaire tant que nous ne saurons pas nous servir de notre esprit et de notre coeur pour rentrer en nous-mêmes.
Les Ainous
Les Aïnous sont animistes. Selon la tradition, tout élément de la nature contient un kamuy (esprit, écrit aussi kamui). Il y a une hiérarchie dans les kamuy. Le plus important est celui du feu (Apehuci-Kamuy) ; ensuite on trouve les kamuy des animaux de montagne et encore derrière, les kamuy des animaux de la mer. Les Aïnous remercient les dieux avant de manger, et prient le kamuy du feu lorsqu’ils sont malades. Ils croient que les esprits sont immortels, et qu’ils seront récompensés par l’accès à la terre des dieux.
Le folklore aïnou contient aussi des sortes de petits lutins, les Koropokkuru. nains habitant sous terre et dans les tiges des feuillages de tussilages ou de pétasites . De la taille d’un pied d’enfant, ces “lutins” sont des kamuys végétaux. Etablis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.
Contrairement à d’autres croyances, les légendes aïnoues ne considèrent pas que leurs “esprits” leur “parlent”, au sens “s’exprimer avec des mots articulés”. Mais les sons et les attitudes doivent être interprétés pour comprendre la signification du message envoyé par les kamuys.
L'aïnou ou kourilien
Les Aïnous, qui sont désormais moins de vingt mille, vivant principalement au Japon (l'île de Hokkaïdô) et ne pratiquant que le japonais, étaient encore il y a un siècle répandus dans les îles Kouriles, dans la partie méridionale de Sakhaline, dans l'île de Shikotan (où une partie de leur population avait été déportée en 1884 par les Japonais) et sur le continent asiatique, vers l'embouchure de l'Amour. Leur langue, dont on a pu dénombrer une vingtaine de dialectes aux différences très marquées, n'est plus parlée - elle pourrait sans doute encore être comprise par une dizaine de personnes seulement. Bien qu'on l'ait rangé dans cette page aux côtés du japonais, auquel il a, il est vrai, emprunté une partie de son vocabulaire, l'aïnou offre également plusieurs racines que l'on pense communes aux idiomes sibériens, paléo-asiatiques et même ouraliens (samoyède notamment). Si l'on ajoute à cela l'hypothèse actuelle selon laquelle les Aïnous - dont la trace se perd vers le IXe sècle, époque à laquelle ils étaient une population guerrière du Nord de l'île de Honshû - auraient leur origine dans la péninsule indo-malaise et se seraient très tôt mélangés à des éléments sibériens, on comprend que l'apparentement de leur langue à une famille particulière soit pratiquement illusoire. (H. Cordier/ Thévenot / B.).
